Discours de S.E.M. Mamadou COULIBALY Ambassadeur du Burkina Faso au 4ème Sommet de l’Africanité sur l’Éducation, organisé par la Fondation Trophée de l’Africanité sous l’égide du Groupe Collège La Salle.

                                                      
 Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs;
  • Honorables Invités;
  • Distingués Participants;
  • Mesdames, Messieurs;

Je me rejouis de participer à cette rencontre qui offre l’occasion de jeter un regard sur l’éducation en général, sur nos différents systèmes éducatifs en particulier et d’échanger nos idées sur les difficultés mais également sur les expériences réussies dans ce domaine combien prioritaire de l’éducation.

C’est donc avec un profond sentiment de fierté et de reconnaissance que je m’adresse à vous au nom du peuple du Burkina Faso, à l’occasion de ce 4ème Sommet de l’Africanité, qui se tient autour d’un sujet d’une importance capitale pour l’avenir de notre continent.

Je voudrais surtout exprimer ma profonde gratitude notamment à la Fondation Trophée de l’Africanité pour ses efforts constants dans l’éveil des consciences des populations africaines et au Groupe Collège La Salle pour l’organisation de cet événement historique.

Je m’en voudrais de ne pas exprimer ma profonde gratitude aux Autorités Marocaines pour toutes les sollicitudes, en particulier Sa Majesté le Roi Mohamed VI, que Dieu l’Assiste, à travers le Ministère des Affaires Etrangères, de la Coopération Africaine et des Marocains Résidant à l’Etranger, et l’Agence Marocaine de Coopération Internationale (AMCI),

  • Excellences Mesdames et Messieurs,
  • Distingués Participants,

Nous sommes tous unanimes à reconnaître que l’éducation est le pilier sur lequel repose le développement et le progrès de nos pays. C’est pourquoi la plupart des pays, notamment africains, aspirent à l’émergence d’ici 2025 ou 2030 pour certains et 2050 pour d’autres.

Cette émergence ne peut être possible sans le concours de l’éducation dont le rôle est primordial dans l’atteinte des objectifs de développement des nos États.

  • Excellences Mesdames et Messieurs,
  • Distingués Participants,

Parmi toutes les régions, l’Afrique subsaharienne a les taux les plus élevés d’exclusion de l’éducation. Plus d’un cinquième des enfants âgés d’environ 6 à 11 ans n’est pas scolarisé, suivi par un tiers des enfants âgés d’environ 12 à 14 ans. Selon les données actuelles, près de 50 % des jeunes âgés d’environ 15 à 17 ans ne sont pas scolarisés.
Si des mesures urgentes ne sont pas prises, la situation empirera certainement, car la région fait face à une demande croissante d’éducation en raison de l’augmentation constante de sa population d’âge scolaire.
Pour prendre un autre exemple, en Afrique subsaharienne, seul un élève sur 10 atteint l’enseignement supérieur, alors même que la tendance du pourcentage d’enseignants formés est à la baisse. Les disparités abondent et les riches sont cinq fois plus susceptibles d’achever l’enseignement secondaire que les plus pauvres. Les pays à revenu faible qui font face aux lacunes les plus aiguës en matière d’infrastructures et qui ont besoin de l’aide externe ont vu l’aide stagner pendant une décennie.

  • Excellences Mesdames et Messieurs,
  • Distingués Participants,
    Depuis son accession à l’indépendance en 1960, le Burkina Faso à l’instar de nombre de pays africains, a connu plusieurs réformes (dont certaines sont restées à l’étape de projet) ainsi que des innovations de son système éducatif; non seulement en vue de son extension, mais aussi pour l’amélioration du contenu de l’enseignement afin d’adapter celui-ci aux réalités du pays.
    Au Burkina Faso, nous sommes pleinement conscients de ces réalités et nous nous efforçons sans relâche de garantir que chaque enfant, quelle que soit sa situation socio-économique, ait accès à une éducation de qualité.

Le système éducatif hérité du passé à certes a eu ses moments de gloire. En effets de nombreux intellectuels et dirigeants ont été formés et éduqués suivants le système colonial et néo-colonial de l’enseignement.

Nous avons réalisé des progrès significatifs, en investissant dans la construction d’écoles, en améliorant la formation des enseignants et en rendant l’éducation plus accessible à tous, y compris aux filles et aux enfants des zones rurales.

Cependant, nous sommes également conscients qu’il reste beaucoup à faire et que les contextes ont beaucoup, sinon totalement changé.

Les défis auxquels nous sommes confrontés, tels que le manque d’infrastructures adéquates, le faible niveau de formation des enseignants et les taux élevés d’analphabétisme, et surtout l’inadaptation des systèmes d’enseignement aux réalités socio-économiques de nos Etats, nécessitent une action concertée et une coopération renforcée au niveau régional et international.

Nous devons également nous attaquer aux questions de qualité et de pertinence de l’éducation, en veillant à ce que nos programmes éducatifs soient adaptés aux besoins du marché du travail et qu’ils intègrent les valeurs culturelles et les traditions de notre continent.
La vision des nouvelles autorités de mon pays vise à mettre en place un système éducatif plus adapté, plus cohérent et mieux (plus) fonctionnel, accessible à toutes les couches de la société burkinabé, tout en faisant de l’apprenant, un homme et un citoyen capable de se prendre en charge et de contribuer au développement socio économique et culturel de son pays.
Vous me permettrez de souligner l’importance de la coopération avec certains amis dont le soutien et l’accompagnement ont permis à mon pays de réaliser et d’atteindre certains de ses objectifs.

C’est le cas par exemple du Canada. En effet, cela fait 62 ans que l’histoire du Burkina Faso et du Canada est intimement liée. Afin de marquer d’une pierre blanche ces noces de diamant, les autorités Burkinabè ont organisé une journée de la diplomatie, en novembre 2022, sous le thème « 60 ans d’amitié et de coopération entre le Burkina Faso et le Canada ».
Comme l’a souligné S.E.M Karamogo Jean Marie TRAORÉ, Ministre en charge des Affaires Érangères du Burkina Faso
« C’est un regard positif que nous portons sur l’amitié entre le Burkina Faso et le Canada”.
Effet, le Canada intervient dans des secteurs (qui sont très) stratégiques pour le Burkina Faso. Il s’agit notamment des investissements dans le domaine minier, la gouvernance, l’humanitaire, et la promotion de l’éducation et du genre.

C’est le lieu et l‘occasion pour pour moi de magnifier et de saluer à sa juste valeur cette coopération combien exemplaire

  • Excellences Mesdames et Messieurs,
  • Distingués Participants,
    Lors de la 70ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre 2015, les États membres ont adopté l’Agenda de développement durable 2030. Les 17 Objectifs de développement durable (ODD) figurent au cœur de l’Agenda, dont l’ODD 4 qui couvre l’éducation.
    À six ans de l’échéance des objectifs de 2030, l’Afrique reste confrontée à des défis aussi nombreux qu’hétérogènes dans le secteur de l’éducation et de la formation.
    Les enjeux de l’éducation en Afrique sont: une démographie non maîtrisée, le manque de financement, le manque d’inclusion, la question de la qualité, l’employabilité des jeunes

Vous me permettrez également de souligner l’importance de la collaboration et du partage des bonnes pratiques entre les pays africains. En unissant nos efforts et en travaillant main dans la main, nous pouvons surmonter les obstacles qui entravent le progrès de notre système éducatif et offrir à chaque enfant africain la chance de réaliser son plein potentiel.

Mesdames et Messieurs, je réaffirme l’engagement indéfectible du Burkina Faso en faveur de l’éducation comme moteur de développement et de progrès. Ensemble, nous pouvons construire un avenir meilleur pour les générations futures et faire de l’Afrique un continent fort, prospère et pleinement épanoui.

Je vous remercie !

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