4 éme Sommet de l’Africanité : Discours de SE Mme Filomena M. Mascarenhas Tipote Ambassadrice de la Guinée Bissau à Rabat

Excellences,
Distingués Invités,
Chers Participants,
Mesdames et Messieurs

C’est avec un profond sentiment d’honneur et de responsabilité que je prends la parole aujourd’hui au nom du peuple de Guinée-Bissau, à l’occasion de ce 4ème Sommet de l’Africanité, dédié à un sujet d’actualité et d’une importance cruciale pour notre continent qu’est l’Education.
Permettez-moi, tout d’abord, d’exprimer ma gratitude envers la Fondation Trophée de l’Africanité et le Groupe Collège La Salle pour l’organisation de cet événement significatif qui offre une plateforme précieuse de discuter des défis mais aussi des opportunités qui se présentent à nous dans le domaine de l’éducation et de la formation de nos jeunes en Afrique. Cette jeunesse bouillonnante et pétrie de talents qui aspire au progrès et au développement dès que les conditions sont créées.

Cependant, je suis heureuse de dire que chacun de nos Etats a son propre parcours historique, avec des influences directes ou non sur son processus éducatif. Dans le cas de mon pays, la Guinée Bissau, jusqu’à l’indépendance, l’éducation était sélective. A cette période, il n’y avait que 11 écoles officielles où les enfants des « civilisés » (entre guillemets au passage) pouvaient s’inscrire. L’éducation de la population rurale était confiée à des Missions catholiques. Là aussi le niveau d’étude ne dépassait pas le CM2, pour 45 établissements scolaires en tout et pour tout. En 1961, à titre d’illustration, seuls 14 Guinéens avaient un diplôme universitaire sur une population estimée à 700.000 âmes.

Pendant la lutte de libération nationale, qui a duré 11 ans, les bases d’une éducation de masse ont été jetées dans les zones libérées. « Ceux qui savent doivent enseigner à ceux qui ne savent pas » était le slogan au père de l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert, je veux nommer Amilcar Cabral. Avec l’indépendance, tout le monde a eu droit à une éducation scolaire. Cette volonté s’est traduite par la création de nombreuses écoles publiques, privées, communautaires et autogestions de différents niveaux sans oublier leur répartition géographique pour couvrir l’ensemble du territoire national. C’est dire le chemin parcouru par mon pays.

Indéniablement, l’éducation est la clé qui ouvre les portes vers un avenir meilleur pour chaque individu et pour nos sociétés dans leur ensemble. En Guinée-Bissau, nous sommes pleinement conscients de cette réalité et nous sommes résolus à faire de l’éducation une priorité absolue dans notre agenda de développement et de gouvernance. Prenons la coopération avec le Royaume du Maroc, 120 Bourses d’études par an dont 90 en licence et 30 en formation professionnelle, à travers l’Agence Marocaine de Coopération Internationale (AMCI) que je loue ici ses efforts inlassables. Dans le dernier cas, les autorités marocaines ont pris une nouvelle initiative puisque la première pierre a déjà été posée pour la construction d’un Centre de formation agro-industrielle. Cet édifice est érigé à l’Est de la Guinée-Bissau, plus précisément dans la ville de Contubuel. A tout cela s’ajoute la formation militaire.

Résultat : Nous avons réalisé des progrès encourageants dans la vulgarisation de l’accès à l’éducation à travers le pays, en investissant dans la construction d’écoles, en améliorant la formation des enseignants et en mettant en œuvre des politiques visant à promouvoir la scolarisation des filles et des enfants défavorisés. Aujourd’hui, 45 % de la population est alphabétisée sur une population de 2 millions d’habitants. Toutefois, nous sommes conscients des défis persistants qui jalonnent cette progression. Il s’agit, entre autres, des ressources limitées, des incessants conflits politiques aux conséquences néfastes sur la stabilité du pays dans sa marche vers le progrès et le développement. En effet, les crises socio-économiques ont souvent entravé nos efforts visant à fournir une éducation de qualité pour tous. Pourtant, malgré ces entraves, nous restons résolus à poursuivre notre engagement en faveur de l’éducation. Nous croyons fermement que l’éducation est un droit fondamental de chaque enfant et un moteur essentiel de développement et de progrès pour notre nation. Nous appelons donc à une coopération renforcée entre les pays africains, ainsi qu’avec nos partenaires internationaux, pour surmonter les obstacles qui entravent notre capacité à fournir une éducation de qualité à tous nos enfants.

Mesdames et Messieurs,

C’est le lieu et l’occasion que je réaffirme l’engagement indéfectible de la Guinée-Bissau en faveur de l’éducation comme pilier essentiel de notre développement. Ensemble, nous pouvons travailler pour offrir à chaque enfant africain la chance d’accéder à une éducation de qualité, à un savoir et de réaliser son plein potentiel.

Je vous remercie

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