Le rôle de la Zaouia Al Kadiriya en tant que trait d’union entre le Maroc et l’Afrique à travers l’histoire, mis en lumière à Essaouira

Un aréopage d’intellectuels, d’acteurs associatifs et d’adeptes de la Zaouia Al Kadiriya se sont donnés rendez-vous, samedi à Essaouira, le temps de débattre du rôle de cette confrérie en tant que trait d’union entre le Maroc et l’Afrique à travers l’histoire.

Lors de ce premier colloque national des Zaouias Al Kadiriya du Maroc, initié par la confrérie locale d’Essaouira, en partenariat avec l’Association Chabab Al-Fane Al Assil du Samâa et du patrimoine, l’accent a été mis sur le rôle de taille joué par ces Zaouias dans le renforcement de l’ancrage africain du Royaume et ce, depuis de longs siècles, ainsi que dans la diffusion des valeurs de l’islam tolérant et du juste milieu.

Dans son mot introductif, le professeur Youssef Askour s’est attardé sur le contexte général de ce colloque, notant que cette rencontre intervient dans le sillage des efforts menés par le Maroc au niveau du Continent, de la mobilisation constante de SM le Roi Mohammed VI en faveur du développement de l’Afrique et de l’attention particulière accordée par le Souverain au renforcement de la coopération avec les Etats africains.

Dans ce cadre, il a rappelé l’engagement du Maroc à l’échelle du Continent en vue de la promotion de l’islam tolérant et du juste milieu, fondé sur le rite malékite et le dogme Achâarite, tout en veillant à l’encadrement du champ religieux et à la formation de nombre d’imams et de prédicateurs et prédicatrices issus de plusieurs pays africains.

Par la suite, l’assistance a été invitée à suivre un exposé détaillé intitulé  »Mogador-Afrique, le modèle de trait d’union civilisationnel et culturel entre le nord et le sud », présenté par Mohamed Oubihi, professeur de l’histoire contemporaine à la faculté des lettres et des sciences humaines de l’Université Mohammed V de Rabat.

Dans sa présentation, l’universitaire a mis l’accent sur l’importance du commerce caravanier entre Tombouctou et Mogador dans la consolidation des liens à la fois économiques mais aussi culturels et spirituels entre le Maroc et l’Afrique de l’Ouest, rappelant le rôle joué par les confréries notamment Al Kadiriya et Tijaniya dans le raffermissement des relations entre le Royaume et l’Afrique subsaharienne.

Il s’est arrêté également sur l’âge d’or de la ville de Mogador à cette époque en tant que premier port du Royaume, ainsi que sur la dynamique commerciale et diplomatique qu’elle connaissait après sa construction par le Sultan Sidi Mohammed Ben Abdallah, comme l’illustrait l’installation de plusieurs Consulats de pays étrangers.

Preuve à l’appui, le professeur Oubihi a donné un aperçu sur la profondeur et la solidité des liens unissant le Maroc et l’Afrique, mettant en avant la légitimité historique du Maroc sur son Sahara.

Pour sa part, Mohamed Essafi, enseignant-chercheur en histoire et cadre à l’Académie Régionale de l’Education et de la Formation (AREF) de Guelmim-Oued Noun, a présenté un exposé sur  »des aspects de la contribution de la tariqa Al Kadiriya Al Kintia au raffermissement des liens spirituels entre le Maroc et l’Afrique de l’Ouest durant le 19è siècle ».

Dans son exposé, M. Essafi a mis en avant de nombreux aspects de cet échange si riche et diversifié entre le Royaume et l’Afrique ayant largement contribué à la diffusion de l’islam modéré, faisant observer que l’aspect décentralisé de cette confrérie et l’autonomie dont jouissait chaque Zaouia Al Kadiriya ont eu pour effet de faciliter la diffusion de sa tariqa et son ancrage dans nombre de pays à travers le monde.

Ce colloque, qui s’inscrit dans le cadre du programme annuel mis en place par cette confrérie et à travers lequel elle ambitionne de favoriser un rayonnement spirituel à l’intérieur comme à l’extérieur d’Essaouira, s’est fixé pour mission de jeter des passerelles de communication et d’échange entre les différentes Zaouias Al Kadiriya du Maroc en vue de tracer les contours d’un avenir meilleur, et de suivre de près le rôle essentiel de l’institution de la zaouia ainsi que ses relations avec son environnement et la population.

Cette rencontre a été aussi l’occasion de se rappeler le rôle des Zaouias Al Kadiriya du Maroc dans la réalisation de la paix spirituelle, de la promotion de la connaissance et du savoir, avec un focus aussi sur les rôles éducatifs des Zaouias dans la promotion des comportements éthiques, ainsi que leurs impacts social et religieux.

Au programme de ce colloque, figure également l’organisation samedi soir au siège de ladite Zaouia à Essaouira, d’une grande soirée religieuse, avec des séances de Madih et de Samâa, de psalmodie du Saint Coran, outre une lecture de «Dalael Al Khayrat».

La Tariqa Al Kadiriya est l’une des plus anciennes confréries soufies en Islam qui a pour mission notamment la promotion et la diffusion de l’islam modéré et du juste milieu. Après son arrivée au Maroc, plusieurs Zaouias Al Kadiriya ont été créées en se fixant une série d’objectifs religieux, sociaux et éducatifs, notamment la promotion auprès de la société et des générations montantes des valeurs nationales de citoyenneté, de fidélité aux sacralités et fondamentaux du Royaume, et de respect des préceptes de l’islam tolérant.

Au 15è siècle, la Tariqa Al Kadiriya s’était étendue en Afrique grâce aux migrants marocains issus de la région de Touate, contribuant ainsi à instaurer et à garantir une paix spirituelle et par là à promouvoir la connaissance et le savoir au niveau du Continent.

Avec La Map

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