La lune du confinement

Le monde marchait d’un pas tranquille avec amour, avec respect, avec joie. Puis comme par miracle de la nature, le monde a basculé dans une nouvelle ambiance. Et l ‘on se retrouve chez soi. Chacun vaquant au rythme de sa propre respiration. Tant de privation aussi soudaine que brutale. Et nous voilà à nous remettre en question. Notre relation avec nous mêmes à priori. Sommes nous heureux de faire face à cette liberté volée en temps réel. Je ne sais pas. Certains mettent leur vie en péril pour tenter de sauver  celles de leurs prochains.  Tant de gens ont été emportés par la tornade impitoyable de l ‘épidémie, tant d’autres sont venus, tout nouveaux, tout plein d’espoir.

Quand on regarde le ciel, on se rappelle de notre petitesse. Quand on regarde les océans, on se dit pour qui nous prenons nous ? Quand notre vue se perd dans l’infini du sable et des étoiles, on est dénudé de tout notre prétendu savoir. Quand on voit le désert, on voit l’au delà qui attend ces prochains invités à tour de rôle.

Combien de morts en si peu de temps ! Combien de douleur et de souffrance devant tous ces enterrements à huit clos !  Les vagues continuent à venir mourir tendrement sur le rivage tout mouillé de mystères des profondeurs des mers. Personne n’apporte des nouvelles de l’autre monde qui nous interpelle de jour en jour.

L’éternité existe. C’est écrit dans les lignes de ce destin aussi mystique que vivant. Et l’on comprend qu’on a droit, contre toute attente, à un choix. Avec quelle lumière voulons-nous donc voyager dans les deux mondes ? Qui sera notre fidèle compagnon ? Car si ce compagnon est authentiquement fidèle à la couleur de l’horizon quand il meurt, alors à ce moment le bonheur de la vérité apparaîtra dans toute sa splendeur ! Tout comme la lune qui rayonne dans la nuit noire du firmament et qui sourit aux étoiles qui s’y sont accrochées pendant qu’il était temps.

Voilà peut être là une des empreintes indélébiles de ce sacré confinement. Choisir son Ami.

Nasrallah Belkhayate

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