Charles Saint-Prot : L’Afrique a besoin du Maroc, le seul pays ayant une vision claire de son avenir et des moyens à mettre en œuvre pour relever tous les défis sécuritaires

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Le continent africain a besoin du Maroc, car c’est «le seul pays qui a une vision claire de son avenir et des moyens à mettre en œuvre pour relever tous les défis sécuritaires», a affirmé, vendredi soir à Marrakech, le directeur général de l’Observatoire d’études géopolitiques (OEG), Charles Saint-Prot.

«Pour relever ces défis, il faut une vision et un programme concret. C’est précisément ce que propose S.M. le Roi Mohammed VI qui a développé une stratégie pour relever les défis sécuritaires en Afrique», a souligné M. Saint-Prot, qui intervenait lors d’une séance plénière sous le thème «Quelles stratégies de lutte contre les cyber risques : l’architecture de la sécurité du futur», dans le cadre des travaux de la dixième édition de la conférence internationale «Marrakech security forum-AfricaSec 2019». Il a, dans ce sens, précisé qu’au moins quatre domaines sécuritaires doivent trouver une solution : la sécurité face au terrorisme, la sécurité humaine, la sécurité énergétique et la sécurité environnementale.

Évoquant la sécurité face au terrorisme, M. Saint-Prot a fait remarquer qu’une grande partie de l’Afrique est devenue la cible prioritaire des djihadistes qui ont perpétré des attaques au Mali, au Niger, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Nigeria et ailleurs, ajoutant que «l’enjeu politique et sécuritaire dû à la menace terroriste est devenu une préoccupation essentielle». «Pour assurer sa sécurité, l’Afrique aura besoin d’une compétence élargie», a-t-il poursuivi, soutenant que «le Maroc a un rôle capital à jouer pour construire une architecture africaine de sécurité parce que le Royaume a une capacité et un savoir-faire en la matière». «Ce savoir-faire touche tous les aspects de la lutte : de l’action des services spécialisés contre le terrorisme à la lutte idéologique contre l’extrémisme», a-t-il expliqué, notant que le Maroc «est le seul pays qui développe une stratégie pour combattre l’idéologie extrémiste qui dénature la religion».

Concernant la sécurité humaine, le directeur général de l’OEG a relevé que l’Afrique a la population la plus jeune au monde, ajoutant que les jeunes Africains, dont le nombre ne cesse de croître, sont dotés de beaucoup d’énergie, de créativité et de talents, ce dont dépend la prospérité future. «Pour atteindre cette prospérité, il s’agit de développer l’éducation, la recherche-développement, l’innovation et les systèmes de formation professionnelle, pour renforcer les capacités et compétences techniques et scientifiques du continent», a-t-il détaillé, affirmant qu’il est indispensable d’avoir «la ferme volonté d’investir dans le domaine de l’éducation et de la culture comme moyens de conjurer la fragmentation des sociétés humaines et comme vecteurs de développement et d’innovation».

Et M. Saint-Prot de faire valoir que «quand S.M. le Roi Mohammed VI propose de valoriser le capital humain de l’Afrique, il va à l’essentiel», précisant que «l’Afrique doit être riche de ses ressources humaines, et pour cela il faut les mettre en valeur». «C’est ce que propose le Maroc qui, à l’instar du grand penseur du XVIe siècle Jean Bodin, sait qu’il n’est de richesse que l’Homme», a-t-il insisté.

S’agissant de la sécurité énergétique, qui représente une «ardente obligation», M. Saint-Prot a indiqué qu’au cours de la dernière décennie, cette question est réapparue à l’ordre du jour politique mondial, faisant savoir que la plupart des analyses consacrées à la politique énergétique internationale portent sur les intérêts et le comportement de puissants pays importateurs d’énergie tels que les États-Unis et la Chine.
Dans ce contexte, a-t-il déploré, «on assiste à un véritable pillage des richesses de l’Afrique (pétrole, gaz, uranium, diverses ressources minières…) sans que cela profite aux Africains», estimant que les efforts déployés par les grands importateurs d’énergie pour améliorer leur sécurité énergétique à travers l’Afrique affectent la sécurité énergétique à l’intérieur du continent.
Dans ce sillage, il a préconisé l’élaboration de «stratégies alternatives pour améliorer la sécurité énergétique africaine», tout en restant plus vigilant sur la préservation des ressources et en développant les énergies renouvelables (solaire, éolien, hydraulique) pour garantir la survie des générations futures. «Dans le domaine des énergies renouvelables, force est de reconnaître que le Maroc est un pays en pointe», s’est-il félicité, expliquant qu’au fil des années, le Royaume a acquis «une bonne expertise» en la matière et conduit «une politique volontariste». «Il est également notable que la stratégie énergétique du Royaume vise à accélérer l’accès de l’Afrique à l’énergie», a-t-il souligné.

Abordant la sécurité environnementale, M. Saint-Prot a affirmé qu’elle «ne doit plus être négligée», tout en appelant à «mettre fin au pillage des richesses sans souci de la préservation de l’environnement». «Dans une économie mondialisée qui s’est financiarisée, le profit à court terme est un obstacle au développement durable», a-t-il fait constater, ajoutant qu’«à l’heure où tout le monde se précipite vers l’Afrique, il est important aussi que le continent ne se laisse pas déposséder de ses richesses naturelles». «Dans ce combat, le Maroc joue encore un rôle pionnier grâce à la vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI», a-t-il soutenu.

M. Saint-Prot a, en outre, indiqué que les économistes estiment que le continent africain pourrait devenir, d’ici aux années 2030, l’une des grandes puissances économiques mondiales, le potentiel africain étant incontestable, relevant que le développement économique du continent nécessite d’élaborer en même temps une «architecture africaine de sécurité».

Dans ce cadre, il a expliqué que le do cument prospectif à l’horizon 2063 qui a été élaboré lors du 21e Sommet de l’Union africaine dessine l’Afrique de demain, l’objectif étant de favoriser l’émergence d’une Afrique nouvelle, notant qu’il faudra au préalable «vaincre les vulnérabilités chroniques et construire la sécurité future du continent». «La sécurité ne peut être réduite au seul aspect de l’ordre public. Parce que les extrémismes prospèrent sur le terreau du sous-développement, de la pauvreté et l’ignorance, lutter contre les extrémismes consiste à prendre la mesure de tous les aspects sécuritaires», a-t-il fait valoir. «Il est temps d’avoir une autre vision de l’Afrique, la vision d’un continent d’avenir, riche de ses hommes, de sa terre, de sa culture, et doté de nombreuses ressources. C’est très précisément ce que propose S.M. le Roi Mohammed VI», a conclu M. Saint-Prot.

Avec le Matin

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