Afrique : Quel type de leaders faut- il fabriquer pour demain ?

Faire face aux défis de sécurité alimentaire, de démographie, de développement durable et de  services sociaux que sont l’éducation, la santé et l’accès à l’eau et à l’assainissement en Afrique c’est engager une véritable révolution structurelle en passant par un nouveau format de leaders. Qui peut contribuer à ce nouveau changement de mode de vie africain ?  Des hommes et des femmes qui ont assurément bien réussi dans leurs domaines respectifs. Qu’ils soient d’ailleurs ou d’ici, de la diaspora ou des locaux, peu importe ! C’est l’impact immédiat qui prime ici.

Qui prépare aujourd’hui les leaders de demain ? Des salariés ou des créateurs de salaires ? Il n’y a pas de véritable politique de liberté et d’indépendance du corps professoral dans le choix des programmes et de prise des décisions favorables au développement de l’éducation. Quel enseignement tire-t-on de nos jours par le corps des enseignants ? On se retrouve avec des courants de pensées de révolte pour une cause ou une autre sans aucun fondement. Juste pour exprimer un malaise social persistant. Oui l’éducation ne joue pas son rôle moteur dans la société africaine. Les événements, les médias, les réseaux sociaux …Quel impact ont ils réellement sur cette nouvelle conscientisation intellectuelle, juste intellectuelle ! Avons – nous un observatoire de tutelle pour mesurer et donner une réponse à la question posée ? Ne nous  trompons encore une fois de question.  Quelles sont les causes de l’échec de la formation en Afrique et quelles en sont les solutions ? Et qui pourra mettre en oeuvre les recommandations et propositions des experts et groupes de réflexion ?

De jeunes africains meurent chaque jour en tentant la traversée de la Méditerranée pour rejoindre l ‘Europe. Un faux rêve, faute de n’avoir pas su les aider à réfléchir, et qui continue encore et encore à massacrer une certaine jeunesse livrée à son propre savoir…  L’Afrique a besoin d’hommes et de femmes capables d’abord par eux-mêmes de trouver des solutions en vue  d’inciter à leurs mises en application.

Faut – il rappeler que le taux de scolarisation en Afrique reste très faible. En Afrique subsaharienne, par exemple; parmi les adolescents qui ont entre 15 et 17 ans, seulement 43% sont scolarisés et 21 % des enfants qui ont entre 6 et 11 ans ne sont pas scolarisés. Certes L’Afrique a fait d’incontestables progrès pour augmenter la scolarisation dans le primaire et le premier cycle du secondaire. Et pourtant, près de 50 millions d’enfants restent non scolarisés et la plupart de ceux qui fréquentent l’école restent dépourvus des compétences de base indispensables pour réussir dans la vie. C’est beaucoup !

On assiste en revanche à des pays comme l’Afrique du Sud, le Kenya et le Zimbabwe qui sont presque parvenus à assurer un accès universel à l’éducation primaire au cours des deux dernières décennies, en dépit de multiples difficultés liées à l’instabilité politique, aux inégalités de revenu et à la diversité linguistique. Ces pays appartiennent au groupe des pays « confirmés » selon la classification adoptée dans une étude de la Banque Mondiale. La Namibie et le Botswana en font aussi partie : ces deux pays ont même réussi à garantir l’accès quasi-universel au premier cycle du secondaire. Dans la catégorie des pays « ayant émergé », on trouve l’Ouganda, le Rwanda et le Togo, qui, grâce à des efforts concertés ces vingt dernières années, ont accompli des progrès spectaculaires dans l’accès à la scolarisation ! Des pays « en voie d’émergence » comme l’Éthiopie, le Bénin et le Burundi ont également beaucoup progressé, mais ils restent encore confrontés à des taux de non-scolarisation élevés.

Réflexion toute faite, l’Afrique est à la croisée des chemins. Elle est désormais au cœur des préoccupations de développement dans lesquelles sont engagés ses dirigeants depuis une cinquantaine d’années. Ces derniers peinent à trouver une issue heureuse à partir de laquelle le continent pourrait jouer un rôle de premier plan sur la scène internationale. Il est nécessaire de réfléchir à une nouvelle génération de leaders, capables de relever plusieurs défis comme ceux de la gestion de l’espace, de l’histoire et du savoir, de la promotion, de la démocratie et des droits humains, et de la mise en place de nouvelles conditions de paix et de liberté, du retour des valeurs de l ‘africanité, gage d’un développement durable. C’est sur le courage, la foi et la manière d’affronter ces différents paris que l’avenir finira par nous livrer ses réponses.

Dans les années à venir, la responsabilité politique et citoyenne des nouvelles générations de leaders sera basée sur le rapport du pouvoir à la liberté de la communication culturelle. L’Afrique est passée à l’heure digitale. Qu’a -t-elle préparé en conséquence ? Sur quelles images va-elle jouer pour transmettre son message et ses  propositions ? L’Afrique est connue dans le monde par les crises qui la secouent et la violence qui caractérise ses sociétés. Ces crises résultent en grande partie de la confiscation de la liberté des citoyens par une certaine forme de tradition. Qu’i faudra combattre au même titre que les mauvaises superstitions, la sorcellerie et la mauvaise interprétation de la fatalité !

L’Afrique doit pouvoir désormais promouvoir de nouvelles valeurs à partir de sa dignité, son authenticité,  son histoire et de sa culture.  C’est par son “être” que l’Afrique pourra vraiment accéder à l’avoir. A un avoir authentique ; pas à un avoir de l’aumône, de la mendicité. Et c’est là le début d’une nouvelle ère déjà entamée qui s’annonce fort prometteuse.

Ses futurs leaders pourront œuvrer pour que certaines langues africaines deviennent des instruments de travail et de connaissances scientifiques. Un prolongement naturel pour ces nouvelles générations de décideurs mieux enracinées dans leurs milieux, qui pourront enfin  agir plus efficacement et proposer  avant tout de nouvelles transformations spirituelles et mentales à la faveur du progrès économique et social et par transition continental.

Oui l’Afrique se cherche un nouveau esprit de démocratie et de réussite pour ses enfants de demain. Qui pourra s’en occuper ?

 

Nasrallah Belkhayate

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1 Comment
  1. Excellent papier !!

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